pop’live, le tour des concerts et soirées de la quinzaine à ne pas rater.
Bot’Ox, soit Benjamin Boguet (Cosmo Vitelli) et Julien Briffaz (moitié de Tekël) : le cuir du rock et le feu des machines (Maroquinerie, le 11/11). © DR
< 05'11'10 >
Sortez ! Bot’ox, Beak>, Einstürzende Neubauten, Pauline Oliveros...
(pop’live) On ne sait plus où donner de la tête. Le programme est chargé voire surchargé (dilemmes en vue autour du 11 novembre) sur les scènes parisiennes. Avec en perspective de belles soirées de musiques différentes, bizarres, solitaires. Réveillez vos oreilles ! Pendant près de dix ans, il a fait le gros dos, disparaissant aux antipodes pour mieux se protéger du succès de Portishead. Et puis, Geoff Barrow est revenu, et on ne l’arrête plus. Parallèlement à son groupe-matrice, il a créé Beak> entre amis (Billy Fuller et Matt Williams, vieilles connaissances de Bristol), pour revenir à ses vieilles amours krautrock. Le groupe accompagnait mercredi la jeune chanteuse Anika (signée sur le label pointu de Barrow, Invada), le revoilà ce soir au Point éphémère en son nom propre (avec The Oscillation). Pour les amateurs de rock de synthèse lourdement chargé. Beak> - « Wulfstan » (live à la Route du rock, février 2010) : Affirmons-le : la musique électronique hexagonale, en tout cas dans son versant le plus pop et propre sur elle, n’est plus « the next big thing ». Albums sans queue ni tête, collages de maxis déclinés ad lib en format dancefloor (dans un étrange phénomène d’attraction/répulsion toujours pas réglé, cf Laurent Garnier), suçages de roues à l’envi, bref on s’emmerde sévère au pays de la French touch et des fluokids (que deviennent-ils, d’ailleurs ?), quelques phénomènes isolés mis à part : Chloé et son obstination à ralentir et noircir le tempo, Joakim ou Mondkopf, eux aussi soucieux de grands écarts face à la compression des idées et du son. Dans ce paysage morne comme une aire d’autoroute en novembre, les maxis de Bot’Ox, et maintenant l’album, détonnent, tant le duo envisage l’exercice du studio comme un évidence et un plaisir, sans oublier pour autant de soigner les pulsions du corps. Oui, on peut danser pas crétin, en zappant au passage l’idiote dénomination « IDM », tellement 90’s. Jadis poulain de la French Touch, encore elle, avec un album totalement massacré par sa maison de disques, le Clermontois Benjamin Boguet (alias Cosmo Vitelli) s’est fait discret en créant son label I’m A Cliché et en peaufinant son image de DJ éclectique et malin. Bot’Ox est né de la rencontre avec Julien Briffaz, moitié de Tekël (les chiens fous de la scène house parisienne) et le résultat est impressionnant de maturité. Production soignée mais jamais ramenarde, qui puise dans le cuir du rock et le feu des machines, textures qui respirent, rythmes présents mais jamais trop, vraies « chansons » électroniques, « Babylon By Car » ne fait jamais le malin, même s’il lorgne parfois (beaucoup) le son de Two Lone Swordsmen (qui irrigue aussi l’album de Krikor), en creusant une passion pour les bagnoles et toute la mythologie afférente, surtout dans le rock. Le 11/11, la Maroquinerie ne connaîtra pas de trêve avec la release party de cet album, en compagnie des étranges 10LEC6. Bot’Ox – « Crashed Cadilllac » (2010) : La semaine prochaine débute in famous carousel, un bien étrange festival qui bouscule les lignes entre les concerts et les performances et questionne la place du corps en nos époques de féroce dématérialisation : « Eloge de la dance, art du voltage, exercices d’abstraction, tests de germination nourrissent les univers sonores de ces artistes inclassables. » Avant d’y revenir très bientôt, poptronics vous recommande le concert de Pauline Oliveros, le 13/11 au Centre Pompidou. Une musicienne au parcours long comme un mantra puisqu’elle fut la directrice du San Francisco Tape Music Center dans les années 60 et la fondatrice du courant « deep listening », tout en composant des pièces au carrefour de l’électroacoustique « classique » et du drone. Pauline Oliveros – « Bye Bye Butterfly edit (1965, USA drone electronica sampling) » : Hasard du calendrier : trois semaines après la déflagration Grinderman, Blixa Bargeld passe lui aussi par la Cité de la musique. Et devrait prouver, comme son ex-comparse de Nick Cave, que sa musique n’a pas l’âge de ses artères (les Residents feront la même démonstration au Centre Pompidou les 10 et 11/11). Blixa Bargeld a désormais la cinquantaine, Alexander Hacke en approche, et Einstürzende Neubauten fête ses trente ans en grande pompe avec deux concerts les 16 et 17/11 à Paris. Est-il encore besoin de préciser l’importance de ce collectif allemand ? Il est de ceux qui ont posé les jalons de la musique dite « industrielle » (voir son instrumentarium inédit au début des années 80 à base de field recordings, plaques de tôles, marteaux piqueurs, parpaings, scies sauteuses…) puis de l’électronique tête chercheuse lorgnant l’ambient. En douze albums alternant les productions les plus expérimentales dans les deux registres (il faut saluer ici le travail de Daniel Miller, le patron du label Mute, qui a permis à EN de s’épanouir dans une totale liberté avant que le groupe ne choisisse de créer sa propre structure), les Neubauten ne se sont jamais départis de leur radicalité tant dans leur attitude (spécialement sur scène) que dans leur propos, qui n’est jamais resté cantonné à la musique (EN s’intéresse évidemment à l’urbanisme, au politique, à la poésie…). Respect ! Allez, deux vidéos pour le prix d’une pour fêter l’événement. Einstürzende Neubauten – « Autobahn » (performance, 1983) : Einstürzende Neubauten – « Ende Neu » (live en 2000 à Berlin… pour les 20 ans !) : Le label Kill The Dj adore le contre-courant. Pour prolonger le succès de l’album de Chloé, « One in Other », il a demandé à quelques artistes-amis de mitonner des remixes, qu’il va publier tous les mois (chaque 21 très précisément). Jennifer Cardini, Alex Smoke, Magda, Plein Soleil (le projet de Chloé et Krikor) réinvestissent le deuxième disque de la Parisienne, en y injectant la dose d’acidité et le muscle qui lui manquaient parfois. Une collection de EP dont le lancement sera fêté le 18/11 au Rex Club lors d’une « Deadline party », avec RMVN (Ivan Smagghe et Roman Flugel) et le live des derniers chouchous de Smagghe, The Eyes In The Heat. Concerts et soirées :
Un Reading Club pop avec Grégoire Chamayou, Isabelle Sorente, Philippe Aigrain, Sophie Wahnich et Mathieu Triclot
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