pop’live, le tour des concerts et soirées de la quinzaine à ne pas rater.
Groupe en liberté, Suuns navigue entre les styles sur un premier album expérimental qui fait plus que nous plaire (Point éphémère, 18/02). © DR
< 11'02'11 >
Sortez ! The Death Set, Suuns, Galaxie 500, Cults, PJ Harvey…

(pop’live) Les White Stripes qui finissent par se taire, LCD Soundsystem qui raccroche, Gorillaz qui y pense… Les années 00 sont bel et bien finies mais « Future starts slow » comme disent les Kills sur leur quatrième album (à venir en avril), l’un des rares à nous faire lever un sourcil (et plus !) en ce moment. Et oui, les révolutions n’ont pas lieu partout et on s’ennuie ferme dans la musique… Sauf exceptions, ci-devant présentées.

Ce soir, on va se casser la tête. Parce que Discodeine (Point éphémère), on connaît déjà par cœur, que les folkeux du jour (Family of the Year, Maroquinerie) ne font que repasser les plats (habilement certes), et que l’affiche de la Machine ne se refuse pas : outre, entre autres, Viva and the Diva, The Death Set est de la party. Soit des Australiens affreux, sales et méchants, qui font dans le punk-rock synthétique dépoitraillé, avec hurlements hardcore et virulents dérapages hip-hop. Amputés de leur batteur, mort pour la cause en son studio il y a deux ans, exilés aux Etats-Unis (Baltimore puis Brooklyn), ils ont su convaincre Diplo et Spank Rock de venir se défouler avec eux sur « Michel Poiccard », leur troisième album très dissipé baptisé d’après Godard (pour les oublieux : c’est le nom de Belmondo dans « A bout de souffle »). Grossier, premier degré et cultivé : tout pour plaire ! En bonus, ce tube violent comme il faut et hautement addictif dédié au créateur des « Sopranos » (merci à Ping Pong).

The Death Set - « Yo David Chase ! You P.O.V. Shot Me In The Head (feat. Diplo) » (2010) :

Vous n’êtes pas obligés de vous fader les Cold War Kids pour entendre Wye Oak, qui fait la première partie de ce groupe américain de deuxième division (Bataclan, 15/02). Ce duo paritaire venu de Baltimore sort dans quelques jours un troisième album sensible, entre Cat Power et Bright Eyes, Swell et Beach House. Du folk amplifié ou du rock murmuré (voire l’inverse), autrement plus intéressant que la sensation de saison Funeral Party qui s’époumonera sur son rock déjà-vu et sans idées au même moment à la Maroquinerie.

Wye Oak - « Civilian » (live au Rock Shop, New York, 2011) :

S’il y a un nouveau venu à ne pas rater cette quinzaine, c’est Suuns (Point éphémère, 18/02). Le premier album de ce groupe canadien, « Zero QC », a marqué la fin 2010. Comme tout le monde, Sunns mêle rock et électronique, mais il le fait en vrillant courageusement les codes, expérimentant avec un style borderline comme on les aime, entre rock hébété et électro moite. Dans le line-up de ce Club Folamour, La Sera, échappée de Vivian Girls, et l’ami Mondkopf.

Suuns - « Pie XI » (2010) :

Trente et un ans après sa formation dans un bled du Nord de la Finlande, le trio 22 Pistepirkko (« les 22 coccinelles », donc) poursuit sans relâche sa recherche du Graal rock (Batofar, 17/02). Après avoir connu quelques succès au milieu des années 90 (avec surtout le hit indé « Just A Little Bit More », qui n’a pas pris une ride), les gaillards sont parvenus à insuffler d’autres couleurs à leur musique, un souffle électronique qui ne dissimule jamais leur goût pour le rock garage à l’emporte-pièce et les concerts échevelés. Ce n’est pas Alan Vega, influence et fan notoire du groupe, qui dira le contraire (La Machine du Moulin rouge, 24/02).

22 Pisterpirkko - « Don’t say I’m so evil » (1996) :

Galaxie 500 fut un groupe à part dans la galaxie (dream) pop. Jamais de son temps, trop lent pour les ultimes reliquats de la scène post-punk, trop éthéré et arty pour convaincre les fans de rock à guitare, il avait tout pour devenir cultissime, c’est-à-dire ne pas vendre un album mais générer une brouette d’héritiers, dont Low. On ne sait pas comment Dan Wearham a vécu l’insuccès du trio qu’il formait avec Damon Krukowski et Naomi Yang (qui se sont échappés pour former leur duo folk Damon and Naomi) à la fin des années 80 (après trois albums, dont le très planant « On Fire » publié par Rough Trade) mais on sera curieux d’aller écouter ses nouvelles compositions, aussi cotonneuses que celles de son précédent groupe, Luna, lui aussi tatoué par le Velvet et Spacemen 3 (Flèche d’or, 19/02).

Cults est l’une des têtes de pont du revival sunshine sixties qui sévit aux Etats-Unis. Ce duo new-yorkais n’a commis qu’un single mais ses trois titres affolent la Toile. Un peu de fraîcheur et de légèreté dans un monde de brutes.… A l’affiche également, Is Tropical, qui fait beaucoup parler de lui, et Guards, projet pop parallèle d’un Willowz (Maroquinerie, 24/02, soirée Kitsuné Maison en vrai ! #9).

Cults - « Go Outside » (audio), 2010 :

Forcément, les deux dates de PJ Harvey à l’Olympia, les 24 et 25/02, sont archi-complètes depuis des lustres. Pas étonnant puisque l’Anglaise qui rebat les cartes une fois de plus jouera live son magnifique « Let England Shake », huitième album politique et électrique avec, mais oui, des samples un peu partout. Depuis bientôt vingt ans, PJ Harvey ne cesse d’avancer, de surprendre et d’émouvoir. Ce disque tout entier dédié à la guerre, qui convoque des soldats morts et la révolte arabe, en est la preuve. Qui a dit raccord ?

PJ Harvey - « The Words That Maketh Murder » (2011) :


Festivals
C’est déjà la sixième édition des Nuits de l’alligator, festival itinérant (Bordeaux, Lille, Poitiers, Toulon, Clermont-Ferrand…) dédié au blues dans son acception la plus large, qui chaque année recèle de belles surprises. Au programme des quatre soirées parisiennes (Maroquinerie, du 19 au 23/02), le toujours spectaculaire Paulo Furtado et son one man band The Legendary Tigerman, les très excités garageux israéliens Monotonix, ou encore, pour se tenir informé, le duo français qui monte, Arlt (Sing Sing et Eloïse Decazes) et Timber Timbre, dont le folk noir sort de l’ombre après cinq ans de vaches maigres. Sans compter ceux qui sont encore inconnus de nos services.

Il faudra suivre la Route du rock collection hiver en ligne : les deux soirées du festival malouin affichent quasi complet. En concert avant-coureur à Rennes le 17, le carton du printemps à venir James Blake (qui nous laisse assez indifférent) et l’électro-pop de Glasser, avant un week-end chargé à Saint-Malo (18-20/02), avec entre autres Junip, Dean Wareham Plays Galaxie 500 et Suuns, dont on vous parlait plus haut, Tu Fawning, Disappears (avec Steve Shelley de Sonic Youth à la batterie) ou encore Guards. Là encore, belles découvertes en perspective.

Concerts et soirées :
11/02 : Alamo Race Track au Café de la danse.
11/02 : Didier Super au Bataclan.
11/02 : Starfuckers et Paw Music aux Instants Chavirés.
11/02 : Fantazio au Centre Fleury Goutte d’or-Barbara.
12/02 : Marion Corrales et Jason Edwards à l’Entrepôt.
12/02 : Wire et Shit Browne au Point éphémère (complet).
13/02 : Sun Kil Moon (Mark Kozelek) à la Flèche d’or.
15/02 : Blackstrobe au Batofar.
16/02 : Noah and the Whale au Café de la danse.
16/02 : Alex Winston, Grouplove et We are enfant terrible au Nouveau Casino.
17/02 : The Qemists (live) et Sayem vs Dsl à la Machine du Moulin rouge.
17/02 : Fatboy Slim au Social Club.
17/02 : Iron and Wine à l’Alhambra (complet).
17/02 : Men au Nouveau Casino.
17/02 : Ray Lamontagne & The Pariah Dogs à l’Olympia.
17/02 : John Duncan aux Instants chavirés.
18/02 : Inrocks Indie Club avec The Dodoz, The Joy Formidable, The Airborne Toxic Event et Divine Paiste à la Flèche d’or.
19/02 : Hot Chip et Johan Hugo & DJ Mo Laudi à la Machine du Moulin rouge.
19/02 : Andrew Weatherall (soirée Get The Curse) au Social Club.
22/02 : Owen Pallett au Café de la danse.
24/02 : Turzi et Chateau Marmont au 104.
24/02 : Boys Noize au Social Club.
24/02 : Ebony Bones au Trianon.

benoît hické et matthieu recarte 

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< 1 > commentaire
écrit le < 19'02'11 > par < loli Xok gmail.com >
Merci merci merci de m’avoir fait découvrir les Suuns. J’ai été hier à leur concert parisien et trouvé que tout y est pour en faire un grand groupe là tout de suite maintenant. D’ailleurs visiblement, je n’étais pas la seule à le penser : grosse grosse claque pour tout le monde. Il se passerait pas quelque chose du côté du Canada ?