< 17'03'09 >
Où va se loger la crise ?

C’est le printemps. La bonne nouvelle, c’est le retour du soleil, la mauvaise, c’est la fin de la trêve hivernale, depuis hier 15 mars à 6h du matin. Et ce n’est pas Christine Boutin, quoi qu’elle en dise (« désormais, il n’y aura plus de personnes mises à la rue, plus d’expulsions sans une solution de remplacement », déclarait-elle jeudi dernier), qui changera quoi que ce soit. Les associations qui lui demandaient un moratoire (refusé hier par l’intéressée), manifestent leurs doutes sur la pérennité de ses mesures de relogement. Emmaüs et la fondation Abbé Pierre ont ainsi symboliquement protesté avec une montagne de matelas place de la République à Paris, hier.

Souvenez-vous, Nicolas Sarkozy avait promis que lui Président, les SDF disparaîtraient des rues de nos cités. Total : les Enfants de Don Quichotte continuent à faire pression (ils entamaient hier leur « tour de France des poches de mal-logement », même si les pandores les empêchent comme à l’hiver 2007 de planter leurs tentes un peu trop voyantes dans les beaux quartiers de la capitale. Et la crise internationale qu’on nous ressert à loisir pour expliquer l’incapacité à régler les problèmes sociaux commence de facto à toucher l’immobilier. A preuve, c’est avec une trop belle pour être vraie unanimité que « le Figaro Magazine », « l’Expansion » et « le Nouvel Observateur » toilettent leurs Unes immobilières de saison. « Profitez de la baisse » lancent un poil cynique le FigMag et l’Expansion, s’adressant aux nantis qui voudraient acheter, tandis que l’Obs annonce « Les vrais prix du marché ».

N’empêche, les prix peuvent bien baisser, le mètre carré s’échangeait encore au quatrième trimestre à 2.471 euros. Une somme que les sans-abris, sans-papiers et sans-emploi qui se pressent au Restos du cœur ou au DAL ne peuvent même pas imaginer pouvoir débourser un jour prochain…

Et pendant ce temps, au gouvernement, le ministre du Budget trouve tout à fait opportun, à deux jours d’une journée de mobilisation pour la défense de l’emploi et du pouvoir d’achat que soutiennent trois Français sur quatre (selon le baromètre mensuel BVA « les Echos » et France Info), d’affirmer que le bouclier fiscal est « juste » et doit être maintenu… Droit dans ses bottes malgré les critiques de moins en moins feutrées de la majorité… Ce n’est pas un hasard si le fossé béant séparant les nantis des pauvres laisse notre chat pigiste Guillaume-en-Egypte singulièrement muet…

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< 1 > commentaire
écrit le < 20'03'09 > par < elkind.damien Hjp gmail.com >

Heureusement que les municipalités veillent :

http://www.sudouest.com/gironde/actualite/bordeaux/article/534876/mil/43068 97.html

6 camions de CRS pour 7 occupants. Alors que l’on n’aille pas dire que les pouvoirs publics ne prennent pas le problème au sérieux.