

Sixième jour de l’expédition polaire d’Agnès de Cayeux et Maëlla Mickaëlle. Leur carnet de bord low-tech quotidien pour Poptronics, qui emprunte à la narration du film VR qu’elles réalisent au Groenland, « 360 notes prises au Nord », en l’augmentant d’un reportage à la Game Boy, explore les méandres des datas. Celle de nos mémoires vives et de nos mémoires de vies.
Jour 6, data center
(liminaires)
noteA095
Chère amie, se sentir chez soi, là, sur ce www, et cette extension simplement .gl
Quelques domaines ou pages incertaines, c’est-à-dire des mots et des requêtes menant à moins de x millions ou y milliers de pages. Une histoire.
noteB095
Chère frangine. Saisir un mot sur ce putain de champ de recherche et accéder discrètement à un corps sensible, une sorte d’écho. Ne plus jamais se laisser entraîner. Oublier l’anonyme – l’anonymat – et se dessaisir de tout et de n’importe quoi. Une histoire.
noteC095
Chère, une histoire, celle de nos premières connexions, cette carte sensible, il y a un million d’années, mille ans, quelques pages ou décennies passées. Qu’en savons-nous ?
(rêveries)
Au data center, ce hangar où reposent nos données sensibles. A Nuuk, l’infrastructure des satellites est située au nord de la capitale, au pied de la nouvelle prison.
Un pas de côté. Le data center est aussi un lieu de mémoire et de culture. L’université et l’institut de recherche groenlandais sont les data centers de la mémoire polaire. A Nuuk, l’université occupe un bâtiment de bois qui ressemble à un navire et regarde le fjord.
Cheminer de l’un à l’autre, du cœur des mémoires informatiques au cœur du savoir. Interroger les datas. Demander à ChatGPT de traduire des bribes de ce dictionnaire scolaire que l’illustre aïeul André de Cayeux s’était procuré au cours de l’expédition polaire de 1948.
Tu comprends navianarpok ?
Oui, je comprends « navianarpok ». Cela signifie « je ne sais pas » en kalaallisut.
Et tupigusugtok ?
« Tupigusugtok » signifie « je suis désolé » en kalaallisut.
Et uvdlup kerkata sujorna ?
« Uvdlup kerkata sujorna » peut être traduit en français par « Je te remercie beaucoup » ou « Merci beaucoup ». C’est une expression de gratitude en kalaallisut (groenlandais).
Merci bro’.
De rien ! Je suis là pour aider. Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à les poser.
Je te dis tu, tu me dis vous, c’est pas un peu bizarre ?
Je m’excuse si cela peut sembler étrange. En tant qu’IA, je suis programmé pour utiliser le pronom « vous » par défaut afin de maintenir une certaine formalité dans les interactions. Cependant, si vous préférez que je vous tutoie, je peux m’adapter à votre demande. Veuillez simplement me le faire savoir et je continuerai la conversation en utilisant le pronom « tu ».
(Re)lire les précédents épisodes du Carnet de bord du cercle polaire : épisode 1, épisode 2, épisode 3, épisode 4, épisode 5.
agnès de cayeux |
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