A l’occasion du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand 2019, du 1er au 9 février, le focus du jour sur un film parmi les 163 en compétition : « La Nuit des sacs plastiques » de Gabriel Harel, en sélection française.
« La nuit des sacs plastiques », un film de zombie rohmérien. © DR
< 09'02'19 >
Clermont 2019, le court du jour 6 : « La nuit des sacs plastiques »

Clermont-Ferrand, envoyée spéciale

« Des personnages rohmériens propulsés dans un film de Romero… » C’est cette idée étrange qui a germé dans la tête de Gabriel Harel pour « La Nuit des sacs plastiques », le choix Poptronics du jour au 41e Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand.

Rien a priori ne rapproche les zombies de George Romero des personnages alanguis discutant vie et philosophie chers au cinéaste Eric Rohmer. Le film d’animation de Gabriel Harel parvient à hybrider ces deux univers dans un décor de bord de mer nocturne et grâce, notamment, à la musique d’Etienne Jaumet de Zombie Zombie. « J’ai beaucoup regardé des Rohmer avec en bande son Zombie Zombie » pour trouver comment aborder cette apocalypse intimiste, explique sérieusement Gabriel Harel.

« La Nuit des sacs plastiques » et son esthétique réaliste en noir et blanc (sauf les fameux sacs plastiques, rose, vert, bleu, qui agressent à peu près tout le monde) est centré autour de l’envie/obsession d’Agathe, 39 ans, de convaincre Marc-Antoine, son ex et présentement DJ, d’avoir un enfant. D’où lui est venue l’idée, demande-t-on à Gabriel Harel ? De l’angoisse qui l’a saisi en apprenant de sa grande sœur qu’elle « venait de se faire larguer » à l’aube de la quarantaine (et l’horloge biologique de faire entendre son tic-tac), et qu’en le lui révélant, elle avait concomitamment été « agressée » par un sac plastique volant – la faute au mistral et à la propreté légendaire de la ville de Marseille, dont la famille est originaire.

Le film mêle le dialogue difficile entre les deux protagonistes, sur fond de teuf dans la baie des singes, une calanque près de Marseille, et l’envol de plus en plus meurtrier de sacs plastiques étouffants.

« La Nuit des sacs plastiques », Gabriel Harel, France, 2018, 18mn, compétition française, bande annonce :

Gabriel Harel, passé par l’école de la Poudrière à Valence et déjà repéré avec son précédent court « Yul et le Serpent », réussit un mélange détonnant de réalisme et de fantastique, où l’angoisse existentielle coexiste avec le fantasme apocalyptique d’une catastrophe écolo annoncée (quoique les sacs plastiques se contentent d’étouffer les océans…).

Sa recette ? « On a tourné avec des acteurs dans le décor naturel et une petite équipe, pour capter le son des voix en direct, de façon à partir de quelque chose d’assez naturaliste et l’emmener vers une sensation plus irréelle. Contrairement à ce qui se fait en général dans l’animation, où on passe des semaines voire des mois à construire une animatique (la maquette du film), on a obtenu cette animatique avec les rushs du film en quelques jours. »

annick rivoire 

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